mercredi 25 mai 2016

Himeshima

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La Golden Week me paraissait être le meilleur moment pour aller visiter l'île de la Princesse : Himeshima (姫島). Himeshima est un village de pêcheurs appartenant à Kunisaki et c'est aussi un lieu de premier choix pour les amoureux de géologie.

Situation
L'île se trouve au nord de la Péninsule de Kunisaki à environ 5 kilomètres. Elle s’étire sur 7 kilomètres et l'on peut en faire le tour grâce à la route. L'île a été formée par un complexe de 7 volcans que l'on distingue toujours, du coup, Himeshima possède un Geopark et fait partie du parc national de Setonaikai.

Légendes
D’après le recueil de mythes Kojiki qui retrace l'origine des îles japonaises et des Dieux Shinto, Himeshima serait l’œuvre des divinités Izanami (déesse de la Création et de la mort) et Izanagi (Co-créateur du monde et du Japon).

Une autre légende vient s'ajouter à la précédente car selon le Nihongi (Chroniques du Japon), le nom de l'île viendrait d'une princesse coréenne fuyant un mariage forcé. Elle aurait trouvé refuge sur Himeshima avant de devenir une déesse locale. D’où le nom Himeshima signifiant "l'île de la Princesse".

Le séjour
Nous sommes partis le lundi après-midi. Après 1h30 de route, nous étions enfin arrivés à l’embarcadère du port Imi à Kunimi. Depuis la route qui longe le bord de mer on peut voir de belles plages ainsi que l'île qui apparait petit à petit.




Une fois la voiture garée au parking (il faut compter env 1450yens pour 24h, ce qui revient cher puisque au-delà de 24h il faut payer une majoration horaire), nous avons pris les billets d'embarquement.

Après une croisière de quelques minutes, nous étions enfin à Himeshima. Nous nous sommes de suite rendus à l'office de tourisme situé devant le port pour prendre quelques renseignements. C'est là que les membres de l'office m'ont prévenu que le lendemain une tempête s'abattrait sur l'île, c'est que le vent commençait à grossir. La ville était très tranquille.

Nous sommes allés de suite au ryokan nous faire enregistrer et déposer nos affaires. Puis nous nous sommes rendus au Sennin-do qui se trouve de l'autre cote de l'ile à 20 minutes de marche après avoir longé le port de pêche.


Pour accéder au Sennin-do, on gravit une colline et le site apparait d'un coup avec la plage au milieu ; du côté gauche, de gros rochers en forme de mamelons et à droite le Sennin-do, un petit temple dédié à la déesse de la miséricorde, se dresse sur la pointe rocheuse face au large. Le lieu est superbe surtout au coucher du soleil. De plus selon le temps, vous pourrez apercevoir Honshu, Kyushu et Shikoku ainsi que les allées-venues des bateaux dans un calme absolu. C'est je pense l'un des plus beaux paysages que j'ai pu voir au Japon tellement l'ensemble est harmonieux.


Le site était autrefois une carrière d'obsidienne grisâtre qui servait à produire des outils tranchants. De nombreux outils à base d'obsidienne grisâtre ont été trouvés dans tout l'ouest du Japon.
Je serais bien descendu sur la plage mais aucun chemin n'y menait, peut-être par la ville on peut y accéder, à tenter la prochaine fois.
 

De retour au ryokan, c’était l'heure du repas. Un vrai régal comme on peut en manger dans tous les ryokan, la spécialisté est la crevette géante tigrée. Le plat s'appelle "Kuruma Ebi", vous avez le choix entre 2 crevettes à des prix différents (1000 yens et 2500 yens, ouille ca fait mal !) sans doute l'une est issue de la filière d’élevage, l'autre est sauvage. Nos repas finis, ce fut l'heure d'aller se coucher.
kuruma ebi

Depuis le milieu la nuit, la tempête s'abattait sur l'île. Après un petit déjeuner tout aussi délicieux et copieux que le dîner, nous avons fait un petit tour dans le village avant de rejoindre l’embarcadère car si le vent était fort, il ne pleuvait pas vraiment.

C'est intéressant de voir que tous les villages de pêcheurs se ressemblent par leurs urbanismes à savoir des maisons pas trop hautes très rapprochées pour se protéger en cas de mauvais temps.







Nous sommes d'abord montés au temple qui se trouvent les hauteurs de la ville. De là nous avions une jolie vue sur les toitures et le bras de mer séparant l'ile du Kyushu.

Ensuite nous sommes allés voir la vieille poste et l'ancienne maison où logeait la famille Kosho, qui dirigeait le village durant la période Edo. Finalement, nous nous sommes dirigés vers l'office du tourisme face au quai pour attendre le bateau.








Bien que je ne suis pas breton mais j'aime ce temps là car la nature offre des spectacles grandioses et je voulais profiter de la tempête.

Je me dirigeais donc en premier vers le torii à l’entrée du port de pêche. Pour cela, j'empruntais un chemin passant entre les bassins d’élevage des crevettes géantes tigrées. Très franchement, avant de m'engager sur ce chemin, je me suis pose 2-3 questions : d'abord parce que je ne savais pas où le chemin menait, puis était-ce vraiment raisonnable car les arbres faisaient un bruit terrible et les câbles électriques m’inquiétaient un peu, mais je sentais comme un appel, comme si une force me poussait à faire le premier pas.


Arrivé à l’extrémité du chemin, le spectacle était juste fantastique. Le torii était à une centaine de mètres pris dans le vent et les vagues. Caché derrière le mur de la digue, j’étais aux premières loges devant ce spectacle sublime que j'admirais. Les vagues s'abattaient sur le torii qui ne bougeait pas, parfois elles allaient jusqu’à le submerger. Mais le torii restait imperturbable même devant la tornade qui s était formée à côté, après tout le torii est supposé ne pas craindre les tempêtes de mer.



Pour finir ma séance photo, je reprenais le chemin qui était devenu d'un coup amical. Je me dirigeais à présent vers la plage longée par la route appelée Blue Line. Je croisais quelques voitures et camions qui allaient et venaient. La mer y était encore plus démontée, les vagues se fracassaient sur les digues, c’était splendide malgré le sable qui me mitraillait les jambes.


Enfin, je regagnais l'office du tourisme où on ne savait toujours pas quand le bateau pourrait sortir du port car le vent était trop fort (7m/s). Rester un jour de plus ne m'aurait pas déranger mais bon, je devais rentrer. Une accalmie était prévue vers 13h, et c'est à 13h que le bateau a pu quitter le port. 
Sur le chemin du retour nous avons croisé les cyclistes du Tour de Kunisaki. J'avais de l'admiration pour eux car ils pédalaient toujours alors que la tempête s’était renforçait.


Au final, à cause du temps nous avons écourté de quelques heures notre séjour pourtant le séjour a été sympa car finalement la nature nous a offert un spectacle que peu verront. Mon seul regret est de ne pas avoir vu la migration des papillons provenant d'Okinawa.
J'ai vraiment hâte d'y retourner pour voir l'autre partie de l'ile, et surtout son célèbre Kitsume matsuri au mois d'août.

Motto!
Traditions
Je l'ignorais en venant mais Himeshima est un lieu de traditions et de légendes et l'on parle même des 7 merveilles d'Himeshima. D'ailleurs, grâce à l’écrivain Ryutei Tanehiko dans une série de cinq Tanka (poème sans rimes) les merveilles ont été popularisées au 19e siècle.

Sennin-do
Le site incontournable de l'île.
Simple et rapide d’accès (20 min à pieds en partant du port), Sennin-do, temple bouddhiste se trouve sur le pointe Kannon sur un sol rocheux constitué d'obsidienne grisâtre. Le temple est dédié à la déesse de la miséricorde.
Il paraît selon une légende, qu'une prière la veille du jour de l'an apporte la protection de 1000 dieux (ça ! c'est de la protection !) pour toute l année.

Ukishu
Deuxième lieu incontournable car situé face au port de pêche d'Himeshima le fameux torii, posé sur un récif rocheux, marque l’entrée sur le lieu sacré dédié à Takabe Sama, dieu de la Mer, vénéré par les pêcheurs de l'île.
Ce torii est réputé insensible à l'eau de mer, aux marées et tempêtes (les photos l'attestent ;-))

Sakasayanagi
Sakasayanagi (逆柳) est un saule dit "saule inversé" car ses branches sont dressées vers le ciel. Le saule serait une cure-dent taille dans une branche de ... saule planté par la princesse coréenne et qui aurait pris racine.

Kanetsuke-ishi
Au nord-est de l'île se trouve une pierre appellée Kanetsuke-ishi. On peut y voir les empreintes d'un choko (tasse pour servir le sake) et un pinceau qui servaient à la pratique du kanetsuke qui consistait à noircir les dents pour indiquer son statut social. C'est encore la princesse coréenne qui les aurait abandonne.

Hyoshi mizu
D’après une légende, encore et toujours cette même princesse aurait créé d'un claquement de main lors d'une prière une source. Cette source se trouve près de la station Hyoshi.

Ukita
Aujourd'hui, une stèle marque l'emplacement d'un ancien étang où un serpent géant aurait été enterré. Les habitants pensent qu'il est à l'origine de certains tremblements de terre lorsqu'il exprime sa colère en remuant.

Amidagaki
Au pied de la falaise où se dresse le phare, on peut y voir des grottes naturelles qui abritent des colonies d'huîtres ayant la forme du Bouddha Amida d'où leur nom : huîtres Amida. Apparemment elles ne sont pas consommées car selon la légende locale cela entrainerait la colère des dieux. De plus, leur consommation provoquerait des maux d'estomac.

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